La féminité vue par Nicolas.
- dixpetitsdetails

- 25 déc. 2019
- 2 min de lecture

À quel moment tu t’es sentie femme?
Je ne pourrais pas citer un moment précis. C’est venu petit à petit. Plus je grandissais, plus je me voyais être une femme au fond de moi. C’est passé par beaucoup de complexes. D’abord le complexe de ne pas être un homme viril comme ce que la société attendait. Puis plus tard, quand j’ai compris qui je voulais être, le complexe d’avoir un corps trop masculin pour être une femme. C’est parce que ma vision de la féminité a sans cesse évoluée, et évolue encore aujourd’hui. J’ai pu me lancer dans ma transition et commencer à accepter la femme que je peux être, et non l’idéal féminin que la mode et les médias nous rabâchent. Mais un moment important de ce parcours, c’est lorsque que l’on a commencé à m’accepter femme quand j’en avais l’envie.
Que signifie le mot Féminité pour toi ?
Pour moi, la féminité c'est plus une histoire de sensations. Au début, je pensais que c'était des vêtements, du maquillage, une façon de bouger. Mais plus le temps a passé, plus j'ai compris que c'était une affirmation de soi. Je la ressens comme une force délicate.
Est-ce que l'on doit opposer la féminité à la virilité pour la définir, ça je ne sais pas. Mais rien n'interdit à qui que ce soit d'exprimer les deux en même temps. Un homme qui accepte sa part de féminité, c'est beau. Tout comme une femme qui accepte sa masculinité. Je pense qu’avec le temps, la différence entre les deux disparaîtra. Il n’y aura plus que l'affirmation de soi.
Quand tu te regardes dans le miroir, quelle est la première chose à laquelle tu penses ?
J'ai encore beaucoup de chemin à faire de ce côté. Il est difficile de me regarder dans le miroir aujourd'hui sans voir tout ce qui me sépare de mon moi idéal. Je sais très bien que je devrais faire des compromis et apprendre à aimer ce que je ne peux changer. Mais je reste tout à fait capable de voir quelle belle personne je suis également. Il faut bien comprendre qu’avec une transition, on repasse par une deuxième puberté, aussi bien sur le plan hormonal que sur le plan psychologique. On se cherche de nouveau, et on passe forcément par des phases où l’on s’aime moins. Mais c’est pour mieux se retrouver par la suite.



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