top of page

La féminité vue par Marielle, co-scénariste du projet.


Est-ce-que tu aimes être une femme ?

J’ai du mal à me considérer comme une femme. C’est un mot que j’ai du mal à employer, comme beaucoup de personnes en général, j’ai l’impression. On utilise souvent des synonymes comme « nana, meuf » mais le terme de femme est souvent utilisé quand on parle de conjointe (et ça en dit peut-être long sur ce que veut dire être une femme dans l’idée générale et inconsciente). De mon côté, je me sens fille. Comme s’il y avait un cap à passer, comme si j’étais encore petite. Pendant longtemps, quand j’étais petite, justement, je pensais que c’était moins bien d’être une fille que d’être un garçon. Aujourd’hui, je pense que c’est simplement différent, on est simplement confrontés à différentes problématiques.

Mais en soit, être une fille, être une femme, en ce qui concerne mon cas particulier, c’est simplement biologique. Et ça me va. Ça me va d’avoir des seins et un vagin. Ça me va même d’avoir mes règles, je les aime d’ailleurs plutôt bien même si j’en souffre souvent. Le fait qu’elles soient là me rassure, dans le sens où ça signifie que mon corps fonctionne bien. Tout ça me va. Mais de là à dire que j’aime profondément être une femme, je ne sais pas, je ne me suis jamais posé la question de cette façon-là. Car si mes façons d’être et de penser ont certainement été influencées par le fait d’être une femme, dans le sens où j’ai été marquée par certaines inégalités de traitement liées à ça, j’estime que mon identité ne résulte pas de mon genre ou de mon sexe.


Que signifie le mot Féminité pour toi ?

Je pense que tout le monde a une part de féminité et de masculinité, et que tout ça est propre à chacun. C’est quelque chose qui se construit, non pas via des stéréotypes de genre comme on tente encore de nous le faire croire, mais selon nos expériences, nos ressentis et nos envies. Je vois ça comme quelque chose qui évolue en fonction de ce que l’on vit. De mon côté, c’est un concept que j’ai encore du mal à apprivoiser car je me pose beaucoup de questions concernant l’image que je renvoie. Je peux ressentir le besoin d’être « validée » pour me sentir bien dans ma peau, me trouver belle. Dans ces cas-là, je me retrouve à faire plein d’efforts sur mon apparence (maquillage, tenue, sourire) pour correspondre au stéréotype de la femme qui « prend soin » d’elle. Alors que ce ne sont pas forcément des choses auxquelles j’accorde beaucoup d’importance, et que c’est assez contradictoire avec mes idées de la féminité. C’est une façon de se rassurer, de se sentir mieux parce que j’ai ainsi l’impression de mieux convenir à ce qui est attendu de moi. Et c’est con. Peut-être que la féminité, c’est se valider soi-même, physiquement et moralement, et n’avoir besoin de rien d’autre pour être bien dans ses pompes. Si c’est ça, et qu’on exclue les stéréotypes et les codes genrés, alors la différence entre féminité et masculinité devient plutôt imperceptible, et ça me plait beaucoup de penser ça comme ça.


Quand tu te regardes dans le miroir, quelle est la première chose à laquelle tu penses ?

Pendant une très (trop) longue période, au cours de laquelle j’ai notamment subi du harcèlement scolaire, j’évitais simplement les miroirs car la vue de mon propre corps, de mon propre visage, me dégoûtait. J’avais beau essayer de toutes mes forces, je ne correspondais pas à l’image type de la fille idéale, et j’avais l’impression que c’était la pire chose au monde. Et puis, en trainant sur Internet, sur des blogs et des sites de femmes qui prônaient l’amour de soi, j’ai compris que c’était grave de penser ça de moi-même. J’ai aussi rencontré des personnes formidables auprès desquelles j’ai pu en parler et reprendre confiance en moi. Depuis, j’ai parcouru un long chemin d’acceptation et d’amour de moi-même, si bien que ces dernières années, je me kiffe plutôt bien quand je me vois dans le miroir. Quand je ne me trouve pas au top, j’y songe deux secondes et puis je finis par me dire « C’est pas grave ! Tout le monde s’en fout ! » Et c’est vrai, tout le monde s’en fout.

Plus récemment, selon ce que m’apporte la vie, j’ai tendance à douter de moi, de mon apparence, ma féminité, mon confort en moi-même. Je sais que j’ai déjà parcouru beaucoup de chemin, mais je réalise aussi qu’il suffit de peu pour être déstabilisée. Le travail n’est jamais terminé, et ce que je vois dans le miroir dépend, en fait, essentiellement de ce qui se passe dans ma tête et de l’amour que je me porte au-delà des questions de l’apparence physique. C’est une question de paix avec soi-même.

 
 
 

Commentaires


© 2023 by T.S. Hewitt. Proudly created with Wix.com

bottom of page