La féminité vue par M.
- dixpetitsdetails

- 30 déc. 2019
- 2 min de lecture

Est-ce que tu aimes être une femme ?
J’ai commencé à me poser des questions sur ma condition vers l’âge de dix ans. Je me rappelle dire à ma mère que j’aimerais être un garçon. Ce n’était pas pour la facilité d’être un garçon mais car je n’avais aucune idée de qui j’étais. Un vide commençait à se créer et pour le comprendre je cherchais des réponses. La question s’est dissipée avec le temps. J’ai reçu de nombreuses critiques au long des années particulièrement au collège ; mes collègues remettaient en question mon physique ou bien ma timidité.
Plus tard, j’ai commencé à désespérer devant le mur qui se dressait devant moi en raison de mon genre. Peu importe nos actions, nous serons putes ou coincées. Comme si dès notre naissance, une étiquette avait déjà été clouée sur notre peau.
Mais cette injustice, j’ai commencé à la noter il y a seulement un an. Et toutes ses racines ont commencé à m’interpeller. La plupart d’entre nous ne connaissent pas notre corps et ses zones de plaisirs. La plupart n’ont pas de droit sur leur propre corps, ni leurs pensées. Est ce que j’aime être une femme ? Je ne sais pas mais ce dont je suis sûre c’est que je suis fière d’en être une, et de faire partie d’un combat pour l’égalité des sexes et non la suprématie féminine.
Que signifie le mot Féminité pour toi ?
Quand j’étais plus jeune, j’avais cette vision de la féminité plutôt négative. Pour moi cela représentait une fille trop préoccupée par son physique cherchant à plaire aux hommes qui l’entoure. Au fil du temps j’ai compris que cette vision était une vision machiste. Pour moi, la féminité est difficile à définir car les femmes sont toutes si différentes. Je pense que c’est une forme de beauté morale se reflétant sur le physique, tel le pouvoir des sorcières. La féminité serait donc cette fierté d’être une femme. Une similitude qui nous rapprocherait toutes peu importe nos cultures, religions, couleurs de peau, environnement.
Quand tu te regardes dans le miroir, quelle est la première chose à laquelle tu penses ?
Bonne question. Malgré mon envie de participer plus à cette lutte, j’ai déjà un premier combat que je dois achever : apprendre à m’aimer. J’ai développé une rancœur envers moi-même qui s’est installée depuis mon plus jeune âge. J’ai cru que je pourrais me faire à la présence de cette vieille amie, mais elle a fini par se retourner contre moi. Pour répondre à ta question, la première pensée qui surgit est un dégoût.



Commentaires